Tout est prêt et pourtant, cette fois-ci j’ai peur, certainement plus que la première où j’ai publié.

Coulisses #2 – La peur du bouton “Publier

(ou “Mercure rétrograde et autrice terrorisée devant un formulaire en ligne)

On ne va pas se mentir : ce tome — « Les effets du chlore sur le cerveau T3 » — j’aurais dû l’envoyer en e-book depuis une semaine déjà.

Techniquement, tout était prêt.
Le fichier corrigé, la petite note de fin, les liens vers mon site, mon Facebook… Tout.
Et pourtant, je tournais autour du bouton “Publier” comme si c’était un déclencheur d’apocalypse.

Je ne comprends même pas vraiment pourquoi j’ai eu aussi peur. J’ai déjà publié. Je connais la chanson.
Mais cette fois, j’ai eu les larmes aux yeux rien qu’à l’idée de valider. Comme si ce livre-là représentait quelque chose de plus grand : le début d’une nouvelle phase, plus professionnelle, plus assumée.
Et quand quelque chose compte vraiment, la peur vient souvent s’asseoir juste à côté.

Évidemment, l’Univers a décidé de s’en mêler. Il faut bien un responsable…

Amazon m’a demandé de prouver que j’étais bien… moi :
codes, vérifications, SMS de sécurité… sauf que je n’ai quasiment pas de réseau là où j’habite en ce moment. Résultat : pas de code, délai dépassé, validation impossible.
Ce n’est plus de l’édition, c’est un « escape game ».

Je suis partie sur Kobo : ça ramait. Puis ça bloquait. Puis ça repartait.
Et quand enfin tout semblait prêt… je me suis rendu compte qu’il y avait une erreur sur la couverture : un signe diacritique de travers.
Retour à la graphiste. Nouvelle attente. Nouveau soupir.

À ce stade, j’aurais pu le prendre comme “un signe” pour tout laisser tomber.
Mais en réalité, ce n’est pas un complot cosmique.
C’est juste la vie : lente, bancale, parfois très en décalage avec nos belles intentions d’autrice organisée.

La vérité, c’est que j’ai peur parce que ça compte.
Parce que ce livre-là n’est pas juste un fichier : il porte tout ce que je mets en place en ce moment —
mes projets sur plusieurs années, mon envie de professionnaliser mon travail, mes romans, mes futures illustrations, ma façon de communiquer avec vous.

Et peut-être que toi aussi, qui lis ça, tu as déjà connu ce moment :

  • la newsletter que tu repousses,
  • le projet que tu n’oses pas montrer,
  • le mail important que tu gardes dans tes brouillons…
    parce que “ce n’est pas encore assez bien”, parce que “ce n’est pas le bon moment”.

On en parle rarement, mais derrière chaque livre qui apparaît comme par magie sur une plateforme, il y a souvent quelqu’un qui a tremblé, douté, vérifié dix fois… et qui a cliqué quand même.

Je ne sais pas encore si, au moment où tu liras ces lignes, l’e-book sera effectivement en ligne partout.
Ce que je sais, en revanche, c’est que je continue d’avancer. Même les jours où je dois batailler avec des codes à 10 minutes, des bugs, des couvertures à corriger et des meubles à retourner.

Parce qu’au fond, c’est ça aussi, la création :
un mélange de courage, de fatigue, d’administration en ligne, de petites paniques… et d’amour pour les histoires qu’on veut partager.

Leçon du jour
Derrière chaque bouton “Publier”, il y a un cœur qui bat un peu trop vite.
La peur n’est pas un stop : c’est le signe que ce qu’on fait compte vraiment.

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