
Ecrire un roman : Pourquoi ça ne fonctionne pas même quand on sait écrire ?
Cet article s’adresse à celles et ceux qui écrivent déjà, mais sentent que leur histoire ne tient pas encore.
La fondation : La structure
Le problème
Nous passons notre temps à écrire, à y mettre notre coeur. Nous avons relu encore et encore notre texte, les phrases sont mélodieuses, le style est propre. Nous avons le retour de bêta, ou d’ami(e)s qui nous donne un retour sur notre “précieux”…
Nous investissons dans une couverture et nous publions. Alors que nous nous attendons à entendre : c’est génial (j’exagère à peine), notre livre reçoit ses premières critiques et… nous tombons de haut.
“le récit manque de cohérence.” – “ c’était un bon départ, mais j’ai fini par décrocher.” – “le livre m’a déçu à la fin.”
Ça, c’est si vous avez de la chance d’avoir un retour… le plus souvent, vous écopez d’une étoile ou deux, mais vous ne savez pas pourquoi votre roman a “raté”.
Une histoire ne tient pas grâce au style, elle tient grâce à sa boucle narrative.
Je parle ici d’expérience. Pendant longtemps, j’ai senti qu’il y avait un “truc” qui clochait, sans réussir à comprendre quoi — comme si, malgré le travail sur les phrases, quelque chose ne s’alignait pas.
La découverte des tableaux d’Eva Deverell, puis des analyses de K.M. Weiland, m’a permis de tester plusieurs grilles. Après quelques essais infructueux, j’ai fini par construire une structure qui me correspondait vraiment.
Et c’est là que j’ai compris à quel point la structure peut être un outil puissant : elle m’a débloqué sur de nombreux points et a rendu mes chapitres plus percutants.
Explication simple
La plupart du temps, on nous explique qu’une boucle narrative consiste à : situation de départ → conflit → résolution.
Cette boucle pour moi est incomplète, car elle laisse des zones d’ombre. Elle ne parle pas de conséquence = tout acte a un prix, ou bien de transformation = cette conséquence entraîne des changements.
Avec ces deux repères, on voit immédiatement quels personnages restent inchangés du début à la fin — et ça pose souvent un vrai problème de transformation.
Je vais affiner ma boucle :
Objectif de départ → Conflit → Conséquences → Bascule/Révélation → Transformation → Résolution
- Objectif de départ : ce que le protagoniste veut (ou croit vouloir). Cela comprend ma situation de départ + le conflit et la résolution finale. C’est la meilleure boussole pour garder le cap.
- Le conflit : le point de friction (ou les points de friction) auquel mes personnages vont être confrontés.
- Conséquences : le prix réel du conflit — ce que chaque choix casse, coûte, révèle ou provoque.
- Bascule/Révélation : l’événement (ou la découverte) qui rend impossible le retour à l’état d’avant et oblige à choisir.
- Transformation : ce qui change durablement chez le protagoniste (croyance, désir, stratégie, relation) à cause de la bascule et des choix posés.
- Résolution finale : comment cet objectif se termine (réussite, échec, renoncement ou désir).
Et je garde en tête d’utiliser cette réflexion aussi bien d’un point de vue macro, méso ou micro… soit :
La boucle principale ou le core loop.
Les intrigues secondaires qui vont s’y rattacher et les scènes de votre histoire, qui vont la nourrir.
Ici, le piège majeur à éviter consistera à se précipiter en ajoutant des révélations inutiles. D’où l’importance du tri de ses idées au départ.
À la fin du chapitre, il y a deux questions à se poser pour éviter le piège du “trop” et/ou de l’enchainement des boucles :
- Qu’est-ce que le personnage sait maintenant qu’il/elle ne savait pas ?
- Qu’est-ce que ça oblige à faire différemment ensuite ?
Conclusion
Une histoire ne s’effondre pas parce qu’elle est mal écrite. Elle s’effondre parce qu’elle ne tient pas.
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