Les grands objectifs demandent de la patience… et la joie de créer, jour après jour.

Pourquoi je ne regarde plus la montagne

Pendant longtemps, je regardais uniquement mon objectif final : publier un roman.

À cette époque, je n’avais qu’un seul grand projet. Alors, dans ma tête, cela semblait presque simple.

J’écris un livre.
Je le publie.
Fin de l’histoire.

Sauf que… c’était complètement faux. Parce qu’un roman n’est pas un roman. C’est une succession de centaines de petites tâches dont on ne se rend même plus compte. Il faut :

  • Trouver une idée.
  • Faire du brainstorming.
  • Construire un univers.
  • Créer des personnages.
  • Établir un plan.
  • Écrire un premier jet.
  • Le reprendre.
  • Le corriger.
  • Le faire relire.
  • Le mettre en page.
  • Chercher un graphiste.
  • Préparer sa communication.
  • Créer une couverture.
  • Publier.

Et je pourrais continuer longtemps.

Au final, je regardais une montagne… sans voir toutes les pierres qui la composaient.


Puis un deuxième objectif est arrivé. Je voulais devenir Narrative Designer.

D’un seul coup, de nouveaux apprentissages sont apparus.

  • Découvrir des logiciels.
  • Comprendre les méthodes de travail des studios.
  • Créer un portfolio.
  • Construire des études de cas.

Et, comme si cela ne suffisait pas, mes autres projets continuaient d’exister.

À un moment, je me suis sincèrement demandé :

Comment vais-je réussir à faire tout ça ?

J’avais l’impression que chaque nouveau projet ajoutait une nouvelle montagne.


Heureusement, j’ai une vieille habitude. J’aime écrire dans un carnet ce que je fais.

Au départ, j’y notais surtout ce que j’avais terminé. Puis, sans vraiment réfléchir, j’ai changé une chose. Je n’ai plus noté les résultats. J’ai commencé à noter trois objectifs pour la journée.

Pas dix.

Pas vingt.

Trois.

Trois petites briques.


Les premiers jours, je regardais ma liste et je me suis surprise à penser :

Mais… mais… c’est peu en fait !

Et c’est précisément là que tout a changé.

Parce que trois petites briques, ce n’est pas impressionnant. En revanche…

Trois petites briques, c’est facile à poser.

  • Même les jours où il fait 35 °C.
  • Même les jours où un rendez-vous vient bouleverser votre planning.
  • Même les jours où vous êtes fatigué.
  • Je retrouvais le plaisir de créer.

Et, une fois mes trois briques posées… Je pouvais faire autre chose sans culpabiliser.


Quelques semaines plus tard, ma fille m’a demandé :

« Mais comment tu fais pour rester motivée tous les jours ? »

Je lui ai répondu quelque chose que je ne m’étais jamais formulé auparavant. Trois objectifs par jour.

Sur une semaine… Cela fait vingt-et-un petites briques.

Sur un mois… En laissant de la place aux imprévus… Environ quatre-vingts.

Sur un trimestre… Plus de deux cents.

Et sur une année… Près de 970 petites avancées.

Alors oui… Je pense qu’un projet avance.


Aujourd’hui, je ne regarde presque plus la montagne. Je regarde les trois pierres que je peux poser aujourd’hui. Le soir, je ferme mon carnet avec la satisfaction d’avoir avancé. À la fin de la semaine, je vois le mur qui commence à s’élever.

Quelques mois plus tard, je distingue la forme du bâtiment. Et, un an après… Je peux enfin lever les yeux.

Non pas pour admirer le sommet, mais pour admirer le paysage que toutes ces petites briques ont construit.


Je crois que nous surestimons souvent ce que nous pouvons faire en une journée… et que nous sous-estimons complètement ce que trois petites actions répétées pendant un an peuvent accomplir.

Alors, si aujourd’hui votre montagne vous paraît insurmontable…

Ne regardez pas le sommet. Cherchez simplement les trois briques du jour. Le reste viendra pierre après pierre.



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