
Pendant longtemps, je pensais que mon problème était le manque d’organisation.
Aujourd’hui, je crois que je me trompais.
Mon véritable problème était ailleurs : je voyais très bien la destination, mais je ne savais pas construire le chemin pour y parvenir.
Voir le sommet… sans voir le sentier
Depuis toujours, je fonctionne de la même manière.
Je vois rapidement l’objectif final.
- Un roman.
- Un site internet.
- Un portfolio.
- Un univers de jeu.
Dans mon esprit, l’image d’ensemble est souvent très claire. En revanche, lorsqu’il faut transformer cette vision en une succession d’étapes concrètes, tout devient plus flou.
Comment commencer ? Quelle est la première étape ? Que faire ensuite ?
Pendant longtemps, cette difficulté m’a donné l’impression d’être désorganisée. En réalité, je ne l’étais pas. Je ne savais simplement pas encore découper un objectif en étapes de travail. Avec le recul, je crois que c’est cette difficulté qui alimentait toutes les autres.
Mon cerveau voulait tout retenir
Pendant longtemps, je pensais que cette façon de fonctionner faisait partie de ma personnalité. Je croyais qu’il fallait simplement faire plus d’efforts, être plus disciplinée ou avoir une meilleure mémoire. Aujourd’hui, je vois les choses autrement. Mon problème n’était pas un manque de volonté. Il me manquait surtout une méthode pour transformer une vision globale en petites étapes réalisables. Et cette découverte est probablement plus importante que n’importe quel logiciel que j’apprendrai cette année.
Cette difficulté avait une conséquence à laquelle je n’avais jamais vraiment réfléchi. Comme je ne construisais presque aucune structure de travail, mon cerveau devait tout mémoriser.
- Les idées.
- Les documents.
- Les liens entre les projets.
- Les prochaines étapes.
- L’emplacement des fichiers.
- Les choses à ne pas oublier.
Au fond, mon cerveau était devenu ma mémoire, mon agenda, mon arborescence et même mon disque dur. Avec le recul, je comprends pourquoi cette façon de travailler était si fatigante.
Le déclic
Ces derniers jours, je voulais commencer la partie la plus amusante de mon portfolio : le CSS.
- Les couleurs.
- La typographie.
- La mise en page.
Bref, la partie créative. J’ai ouvert mon dossier. Il ne contenait que quelques pages.
Et pourtant…
Je me suis arrêtée. Une pensée toute simple m’a traversé l’esprit :
« Si je continue comme ça, dans un mois je serai perdue. Dans six mois, j’abandonnerai probablement ce projet. »
Le problème n’était pas le nombre de fichiers. Le problème était que je ne savais déjà plus où ils vivaient.
Une arborescence n’est pas un rangement
C’est à ce moment-là que j’ai compris quelque chose. Je croyais qu’une arborescence servait à ranger un projet terminé. En réalité, elle sert à construire un projet qui va grandir.
Elle ne répond pas à la question :
« Où vais-je mettre ce fichier ? »
Elle répond plutôt à celle-ci :
« Quand je reviendrai dans six mois, saurai-je encore où le retrouver ? »
Cette nuance a complètement changé ma manière de voir les choses.
Le travail le moins amusant… mais peut-être le plus important
Je voulais créer. À la place, j’ai passé plusieurs heures à réfléchir à des dossiers, des catégories et des sous-pages.
Franchement ?
Ce n’était pas la partie la plus enthousiasmante du projet. Pourtant, je crois aujourd’hui que c’est celle qui me fera gagner le plus de temps. Parce qu’avant de construire une page, je construis désormais un endroit où cette page pourra vivre.
Découper la montagne
En y réfléchissant, je me suis rendu compte que l’arborescence n’était qu’un exemple d’un problème beaucoup plus large.
Pendant longtemps, je regardais une montagne. Aujourd’hui, j’apprends à construire le sentier. Créer un portfolio n’est plus une seule tâche.
Cela devient :
- définir sa structure ;
- créer les grandes catégories ;
- organiser les dossiers ;
- préparer les pages ;
- seulement ensuite travailler le CSS.
L’objectif n’a pas changé. Le chemin, lui, est enfin devenu visible.
Construire un système plutôt qu’une mémoire
Je croyais que je devais apprendre à mieux retenir les choses. Aujourd’hui, j’essaie plutôt de construire un système qui se souviendra à ma place.
- Notion.
- Mon arborescence.
- Mes dossiers.
- Mes check-lists.
- GitHub.
Tous ces outils ont finalement le même rôle : libérer une partie de ma charge mentale pour que mon énergie soit consacrée à ce qui compte vraiment : créer.
Ce que je retiens
Le plus ironique dans cette histoire, c’est que je me suis toujours décrite comme quelqu’un qui pense en arborescence. Pourtant, jusqu’à aujourd’hui, mes projets n’en avaient aucune. Mon cerveau construisait des branches, mais mon système de travail restait linéaire. Le jour où j’ai commencé à dessiner une véritable arborescence, j’ai eu l’impression que mon environnement de travail parlait enfin la même langue que moi.
Je pensais perdre une journée à dessiner une arborescence. En réalité, j’ai surtout appris quelque chose sur ma façon de travailler. Je vois naturellement la destination. Mon apprentissage consiste désormais à construire le chemin.
Et finalement, une arborescence n’est peut-être rien d’autre qu’une promesse que l’on fait à son futur soi :
« Ne t’inquiète pas. Quand tu reviendras dans six mois, tu sauras encore où tout se trouve. »
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