J’ai beaucoup d’idées. Beaucoup trop, probablement. Certaines finiront dans un projet, d’autres changeront de forme et beaucoup resteront simplement dans mes notes. Pendant longtemps, avoir une idée me donnait envie de commencer immédiatement à la développer. Aujourd’hui, mon fonctionnement est différent. Je me suis rendu compte que mes projets avancent rarement parce que j’ai eu…

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Comment je transforme une idée en livrable

J’ai beaucoup d’idées.

Beaucoup trop, probablement.

Certaines finiront dans un projet, d’autres changeront de forme et beaucoup resteront simplement dans mes notes. Pendant longtemps, avoir une idée me donnait envie de commencer immédiatement à la développer.

Aujourd’hui, mon fonctionnement est différent.

Je me suis rendu compte que mes projets avancent rarement parce que j’ai eu une bonne idée. Ils avancent parce qu’à un moment précis, j’ai besoin de produire quelque chose.

Tout commence par un besoin

Lorsque je travaille sur un projet, je finis généralement par rencontrer un besoin.

Je dois expliquer une mécanique. Présenter un univers. Montrer une intention de conception. Rendre compréhensible une organisation. Donner à voir quelque chose qui, jusque-là, n’existe que dans ma tête.

À ce moment-là apparaît le livrable et seulement ensuite commence réellement mon travail de conception. Cette distinction est devenue importante pour moi : l’idée n’est pas le point de départ. Le besoin l’est.

Je peux avoir des dizaines d’idées disponibles sans jamais les développer. Lorsqu’un besoin apparaît, certaines deviennent soudain pertinentes.

Explorer avant de choisir

Ma première réponse est rarement celle que je conserve immédiatement. Je cherche plusieurs possibilités.

Pas nécessairement parce que la première est mauvaise, mais parce qu’une autre peut mieux répondre au problème. Je regarde différentes manières de présenter l’information, différentes structures ou différents supports.

C’est une phase assez libre, pendant laquelle je peux ressortir d’anciennes idées ou en produire de nouvelles et puis vient le moment de choisir.

Je commence alors à lister ce dont j’ai réellement besoin pour construire mon livrable. Cette liste me permet de passer de l’exploration à la construction.

Construire le squelette

Avant de produire quelque chose de propre, j’ai besoin d’une structure.

Je construis donc un premier squelette : les informations nécessaires, leur ordre, leurs relations, parfois leur hiérarchie. À ce stade, rien n’a besoin d’être beau. Il faut surtout que cela fonctionne.

Une fois ce squelette posé, je vérifie l’ensemble du processus : est-ce que le livrable répond bien au besoin initial ? Est-ce qu’une information manque ? Est-ce que quelqu’un qui ne connaît pas mon raisonnement pourra comprendre ce que je veux montrer ?

C’est seulement après cette vérification que je passe à la réalisation définitive.

Produire, puis donner une forme

Viennent enfin la rédaction au propre et la partie visuelle.

Selon le livrable, ce sera une image, un graphique, une infographie, une maquette ou simplement une mise en page permettant de rendre l’information plus lisible.

Le visuel arrive donc relativement tard dans mon processus.

Il ne décide pas de ce que je veux dire. Il aide à le montrer.

Mon processus ressemble finalement à ceci :

Besoin → livrable → exploration → sélection → squelette → vérification → réalisation → mise en forme.

Je n’ai pas construit cette méthode volontairement. Je l’ai découverte en observant ma façon de travailler.

Et surtout, elle m’a permis de comprendre quelque chose : avoir une idée ne m’oblige pas à en faire un projet.

Une idée peut attendre.

Le besoin, lui, me dit quand il est temps de m’en servir.


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